Golden Queen’s Commando
lack Fox, une espionne de renom se fait volontairement enfermer dans une prison militaire afin d’en faire évader six prisonnières, chacune spécialisée dans un domaine particulier, et dont elle a besoin pour réussir à détruire un laboratoire caché dans une forteresse, où sont misent au point des armes chimiques. Ensemble, poursuivies par le directeur de la prison qui veut absolument leur peau, elles devront traverser plusieurs épreuves toutes aussi dingues les unes que les autres avant d’arriver à leur fin…
Le cinéma d’exploitation regorge d’œuvres anachroniques et douteuses de qualité souvent très discutable, cependant certaines restent irrémédiablement ancrée dans les mémoires, les marquant d’une trace totalement indélébile. Le jour où pour la première fois, j’ai pu visionner les 7 Magnifiques, ce devait être dans les environs de 1986/87, un été, alors que je faisais du camping, un voisin m’avait invité à une soirée vidéo chez lui. A l’époque il n’était pas difficile de se procurer des films d’exploitation en VHS, car a quelques exceptions prés, il n’y avais que cela dans les rayonnages des vidéo clubs qui affichaient les beaux jours de Laurent Melki sous ses magnifiques illustrations de jaquettes. Les soirées vidéo entre potes étaient donc souvent animées par des productions italiennes, Philippines, chinoises ou américaines de Kung-Fu, d’horreur, de polar d’action et autres sous Mad-Maxeries tout a fait oubliables et dispensables. J’étais par conséquent à mille lieux de me douter que ce qui se déroulerai devant mes yeux ce soir là me hanterai encore plus de 20 ans après au point d’en rechercher par tous les moyens un master 35mm, ainsi que tous les supports possibles et imaginables, se résumant malheureusement à diverses cassettes VHS de piètre qualité et quelques articles de presse étrangère, derniers vestiges de ce métrage totalement barré, les négatifs et copies ayant a priori totalement disparus de la circulation. Ceci étant dit, il me reste a tenter d’expliquer mon engouement vis a vis de cette production fauchée et totalement foutraque. Avant toute chose, il faut savoir que Golden Queen’s Commando ne ressemble a aucun film et n’a pas de genre propre, il s’agit autant d’un film de guerre qu’un western, une comédie, un film de sabre, de prison de femmes et même d’espionnage façon James Bond… comme si ça ne suffisait pas, les personnages empruntent des costumes, des coiffures et accessoires à toutes les époques… un véritable bordel dément, surdimensionné et imprévisible, mais quiconque n’ayant pas vu au moins une fois ce film, ne peut s’imaginer a quel point cette orgie de n’importe quoi en renforce le côté chef d’œuvre culte en puissance. Car il est une certitude, même si le réalisateur mange à tous les râteliers, ne se gêne pas pour voler purement et simplement la musique d’autres films et emploie tous les codes et clichés des genres composants son métrage, il parvient tout de même à marier avec brio tous ces éléments, et surtout à garder une cohérence intrinsèque à son montage, chose qui fondamentalement, sur le papier paraît pourtant tout a fait impossible. Essayez d’imaginer un peu, en 1944, une prison pour femme, gardés par des militaires asiatiques dont les tenues rappellent fortement celles des allemands de l’époque, où se trouvent des prisonnières arborant langage, coupes de cheveux et lunettes de soleil des années 80… Imaginez encore que les sept prisonnières puisse être aussi hétéroclites qu’une amazone, une prêcheuse cachant ses flingues dans sa bible, une sabreuse nippone qui devient insaisissable lorsqu’elle boit du saké, une spécialiste des explosifs, une voleuse très douée, une tueuse séductrice et une espionne internationale… Maintenant, imaginez toujours qu’une fois évadées, les fuyardes se retrouvent en plein Western, devant se battre contre une horde de cavaliers semant la terreur, puis traversent une jungle où des pièges aussi étranges que des squelettes, armés de sabres, attachés à des lianes tombent des arbres… Tout ça et bien plus se trouve dans Golden Queen’s Commando, véritable brûlot d’un cinéma qui pouvait tout se permettre sans compromis, dénotant un brin de folie qui manque cruellement aux productions aseptisés actuelles, dont on nous rabat les oreilles à longueur de temps. Ainsi, comme il était de coutume dans l’exploitation, le réalisateur travaillant a l’économie la plus strict, les décors costumes et personnages ont servis dans le même temps à tourner un autre film partageant cet univers déjanté et tout aussi jouissif, le fabuleux Pink Force Commando. Et bien évidemment, les deux métrages se trouvent sous des tas de titres et montages différents, utilisant en inserts des scènes de l’un à l’autre… l’effet produit donne l’impression qu’il s’agit d’un même film coupé deux parties, mais le final des deux œuvres nous prouve le contraire. A se demander comment les équipes de tournage ainsi que les acteurs ne s’y perdaient pas eux même… quoi qu’il en soit, Golden Queen’s Commando reste un film incontournable, même si celui-ci ne paraîtra jamais en DVD, dévorez la VHS, trouvable en français sous divers titres, le plus connu étant Les 7 Magnifiques. Foncez tant qu’il en existe encore quelque copies, elles deviennent malheureusement de plus en plus rares…
A venir…

