Bon... hier soir j'ai enfin vu
Martyrs de Laugier et il m'a bien fallu une bonne nuit de réflexion pour ne pas passer à côté du pire film d'horreur que j'ai vu à ce jour.
Tout d'abord, en regardant ce film je n'était pas convaincu de sa sulfureuse réputation car le scénario imbriqué et le final m'ont un peu déçu sur le coup. Et finalement, c'est après avoir dormi que j'ai pu mesurer l'ampleur de l'horreur pure qui peut se dégager de son travail. Et quoi qu'en disent les détracteurs, le travail de Laugier est tout simplement une expérience cinématographique assez extrême et non fun comme Saw 3 ou le surestimé Hostel chap 1. Pourquoi ce revirement dans mon avis espacé d'une nuit ? Car justement, trop habitué à regarder des scènes gore et grand guignolesques, je n'ai fait que regarder et attendre des scènes extrêmes et j'étais passé à côté de ce qui n'est justement pas montré (ou démontré). On est tous un peu trop habitué à la violence au quotidien (surtout au cinéma et la télévision), et c'est là que justement lorsqu'on réalise a quel point les scènes de Martyrs s'enchainent avec le plus grand naturel, nous sommes devenus presque insensibles et hermétiques à celle-ci. En tout cas ce fut mon cas et j'ai la chance de pouvoir le reconnaître.
Le film commence assez sommairement avec la fuite d'une fillette après avoir apparemment été enlevée puis torturée physiquement mais surtout psychologiquement. Puis elle se lie d'amitié avec une autre fillette qui arrive à la rassurer et la protéger contre ses démons (dans ce cas, une apparition de fantôme qui vient la torturer sans cesse). Ensuite, les années passent et on a droit à l'incursion d'une jeune femme armée d'un fusil de chasse qui massacre toute une famille dans une maison isolée. La jeune fille étant la fillette quelques années plus tard qui pense sérieusement avoir reconnu ses bourreaux. Le massacre de la famille représente un autre tournant de l'œuvre, puisqu'on passe directement à de l'horreur basique, ou on est censés penser que la fille au fusil est une déséquilibrée (ce qui est finalement le cas) qui vient de tuer une pauvre famille n'ayant rien demandé à personne, sous prétexte que en les tuants elle peut se débarrasser de ce fantôme qui la torture. Et c'est une des forces du film de Laugier, ou en étalant des scènes graphiques assez brutales, il commence à nous perdre entre la folie de son personnage, les giclées de sang sur les murs blancs et le mobilier très propre, les cris de peur et de douleur de la famille massacrée. Et c'est finalement l'amie de la jeune femme dérangée qui va découvrir la terrible vérité dans trois twists avant un final qui semble bâclé mais qui ne l'est pas du tout en fait. La fin se faisant être celle qui en montre le moins en terme de violence graphique est en même temps la plus dur et la plus horrible que j'ai pu voir car à l'instar du début, tout se passe dans un réalisme troublant et traumatisant... à comprendre, que ce n'est qu'après avoir vu le film qu'on réagit à la souffrance qui émane de ces scènes silencieuses, et que c'est ici que ça fini par réveiller quelque chose d'endormi en nous (en moi). Plus j'y repense, plus je trouve que Laugier a réussi un coup de maître. Bien entendu, pour cela il faut s'ouvrir un petit peu à la représentation de la violence et de la souffrance et non juste aux scènes graphiques. On pourrait même arriver à penser que Laugier à écrit ce film pour qu'on arrête justement de regarder des films d'horreur pour le fun et remettre en place le vrai sens du mot.
L'interdiction aux moins de 18 ans qu'a failli écoper le film est tout de même justifiée mais aurait été un véritable suicide commercialement parlant. Finalement la censure à tranchée pour un -16 ans avec avertissement et c'est réellement un film à déconseiller aux personnes sensibles ainsi qu'aux fans de films gore fun.
A voir absolument !!!!

