Evil Aliens

18 novembre 2008, par Alan

M

ichelle Fox, une présentatrice de télévision britannique qui anime une émission bidon sur les ovnis doit partir pour le pays de galles afin d’y rencontrer une jeune femme se prétendant enceinte d’un extraterrestre, son but étant étant de redorer le blason de son émission qui se trouve sur le déclin. Elle monte une équipe de tournage atypique et se rend sur les lieux. Habitués à truquer les cartes afin de faire de l’audience, ils sont loin de se douter que cette fois-ci c’est a de vrais ovnis et des extraterrestres diaboliques qu’ils vont être confrontés…

Evil Aliens est un film bien nommé puisque totalement démentiel et, ce qui ne gache rien, totalement déjanté aussi. Autant comique qu’il est gore, le film se place d’emblée dans la lignée de Bad Taste ou Braindead de Peter Jackson en un tout petit peu moins sanglant tout de même. Jake West nous offre ici une œuvre à peine plus abouti que son Razor Blade Smile dans le sens ou un évident manque de moyen le confronte forcément à la facilité là ou certaines scènes possèdent un potentiel digne des meilleurs films de genre. Cependant la facilité n’est pas ici synonyme de mauvaise qualité, bien au contraire. Si l’ensemble reste un petit peu “amateur”, les idées foisonnent, certains plans sont léchés et le rythme soutenu. Après une première demi heure un peu molle où personnages et lieux se mettent en place, l’action démarre comme un missile pour ne s’arrêter qu’avec un retournement final malheureusement pas très original mais tout de même bien amusant. Final qui se veut être à l’image véhiculé tout au long par le métrage, c’est à dire qu’il s’agit bel et bien ici d’une comédie où l’utilisation de grosses ficelles est éhontément et judicieusement utilisée. Ainsi Jake West n’hésite pas un seul instant à utiliser un gag aussi vieux que rouillé qu’est celui de la peau de banane, néanmoins placé dans un contexte décalé et a multiples ressorts. Faut-il y voir une forme d’hommage à un cinéma burlesque pratiquement oublié de nos jours ? La réponse est certainement oui, puisque le réalisateur y enchaîne  aussi avec brio plusieurs scènes hommages aux films cultes de l’horreur, gardant toujours un décalage permanent lors de leur utilisation. Ici, on retrouvera même une scène où une des protagonistes, cherchant une arme pour se débarrasser des aliens, va faire un arrêt de quelques instants devant une tondeuse à gazon, pour finalement empoigner une débroussailleuse accrochée au mur dont l’enchaînement sanguinolent ne sera autre qu’un clin d’œil flagrant à Evil Dead plutôt qu’a Braindead comme on pouvait s’y préparer. Mais Jake West en bon fanboy ne s’arrête pas en si bon chemin, car il n’hésite pas non plus à utiliser les codes du western spaghetti en un hommage très réussi à Sergio Léone, et aussi à se moquer gentiment de M. Night Shyamalan et de son pseudo aliens movie, intellectuello-mollasson et accessoirement très mauvais, “Signes” pour ne pas le nommer, en exploitant un faux cercle de culture et des bruitages censés faire peur mais très vite balayés par une scène hilarante où fou de colère, un geek va détruire à sa façon l’artifice monté par l’équipe de télévision en mal de scoop. Toujours du côté des clins d’œil on notera un accouchement faisant à la fois penser à Alien de Ridley Scott mais aussi a celui bien plus salace de X-TRO de Davenport. Ce florilège de références s’étale sur l’ensemble du film, on y verra même le réalisateur s’autoparodier lors d’un tournage. Ce n’est pas pour autant que Evil Aliens manque d’originalité, on notera de très bonnes idées pour les décors et le design des soucoupes volantes, technologique à l’extérieur et organiques à l’intérieur, ainsi que le look très réussi des aliens et leur scaphandre. Trouvant racine dans les légendes locales, dont il prête volontiers explications aux mégalithes, démons ou encore possession diabolique grâce à ses extraterrestres; il réussi donc d’une pierre deux coups, créant à la fois un univers déjanté et comique mais reposant toutefois sur des bases plus sérieuses pouvant donner une certaine crédibilité à son histoire. Evil Alien a tout le potentiel pour devenir un film culte, ce qui confirme fait que les meilleurs films de genre restent ceux réalisés avec peu de moyens. Il est cependant à espérer que Jake West ne prendra pas le même chemin que Peter Jackson ou Sam Raimi et continuera à nous offrir des œuvres du même acabit, tournant en roue libre et permettant toutes sortes de libertés. Il est juste dommage qu’un tel film n’ai pas eu la primeur d’une sortie française digne de ce nom, néanmoins, vu son potentiel et le soutien inconditionnel de Mad Movies, tous les espoirs sont permis, après tout Black Sheep de Jonathan King a récemment réussi ce challenge.

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